Le second degréFormulBase · masterclasse du formulaire
Analyse · algèbre

Le second degré

Tout le monde récite « moins b plus ou moins racine de delta, sur deux a », et presque personne ne sait d’où sort cette ligne. Elle n’est qu’une identité d’algèbre : celle du carré qu’on complète. Une fois vue, elle explique le discriminant, la somme et le produit des racines, et le sommet de la parabole.

0Ce qu’on cherche

Français

Une équation du second degré s’écrit ax² + bx + c = 0, avec a différent de 0. La résoudre, c’est trouver où la parabole y = ax² + bx + c coupe l’axe des abscisses.

PièceRôle
aLe coefficient de x², jamais nul. Positif, il ouvre la parabole vers le haut ; négatif, vers le bas.
bLe coefficient de x, qui déplace le sommet à gauche ou à droite.
cLe terme constant : la parabole coupe l’axe vertical en (0 ; c).
ΔLe discriminant b² − 4ac, qui tranche entre deux racines, une seule ou aucune.

1La complétion du carré

Français

La formule ne tombe pas du ciel. On transforme ax² + bx + c en un carré parfait plus une constante, ce qui permet d’isoler x.

Pourquoi
FR

Sous la forme ax² + bx + c, x apparaît deux fois et on ne peut pas l’isoler. Sous la forme a(x − α)² + β, il n’apparaît qu’une fois, dans un carré : il suffit de prendre une racine carrée. Tout le travail consiste à passer de l’une à l’autre.

La transformation, pas à pas
ax² + bx + c = a[(x + b/2a)² − b²/4a²] + c = a(x + b/2a)² − (b² − 4ac)/4a
Comment
FR

L’équation devient a(x + b/2a)² = Δ/4a, avec Δ = b² − 4ac. On divise par a, on prend la racine carrée des deux côtés, puis on isole x. Le signe ± apparaît parce qu’un carré a deux racines, l’une positive et l’autre négative.

La formule de résolution
x = (−b ± √Δ) / 2a    avec   Δ = b² − 4ac
Un exemple chiffré Pour x² + 6x + 5 = 0, la moitié de 6 est 3, donc x² + 6x + 5 = (x + 3)² − 4. L’équation devient (x + 3)² = 4, soit x = −1 ou x = −5. Vérification : 1 − 6 + 5 = 0 et 25 − 30 + 5 = 0.

2Ce que décide Δ

Français

Dans a(x + b/2a)² = Δ/4a, le membre de gauche est un carré multiplié par a. Le signe de Δ dit si l’égalité peut être vraie.

Signe de ΔRacines réellesExemple
Δ > 0deux, distinctesx² − 5x + 6 = 0 : Δ = 1, racines 2 et 3
Δ = 0une, doublex² − 6x + 9 = 0 : Δ = 0, racine 3
Δ < 0aucunex² + 2x + 5 = 0 : Δ = −16
Pourquoi
FR

Aucun nombre réel n’a un carré négatif : si Δ est négatif, l’égalité est impossible. Si Δ vaut 0, le signe ± n’a plus d’effet et l’unique racine −b/2a est dite double. Le sommet de la parabole est alors posé sur l’axe.

3Somme et produit des racines

Français

Quand Δ est positif, les racines x₁ et x₂ obéissent à deux relations qui évitent souvent la racine carrée.

Relations de Viète
x₁ + x₂ = −b / a     x₁ · x₂ = c / a
Pourquoi
FR

Additionner les deux racines de la formule fait disparaître le ± : (−b + √Δ)/2a + (−b − √Δ)/2a = −b/a. Les multiplier donne (b² − Δ)/4a² = 4ac/4a² = c/a. Pour 2x² + 3x − 2 = 0, les racines 1/2 et −2 donnent bien −3/2 et −1.

Une factorisation gratuite Quand les racines existent, ax² + bx + c = a(x − x₁)(x − x₂). Avec x² − 5x + 6, on lit directement (x − 2)(x − 3), sans écrire la formule.

4Forme canonique et sommet

Français

La complétion du carré livre aussi la forme canonique, donc les coordonnées du sommet.

Forme canonique
ax² + bx + c = a(x − α)² + β    avec   α = −b / 2a   et   β = −Δ / 4a
Quoi
FR

Le carré (x − α)² s’annule en x = α : le sommet est le point (α ; β), un minimum si a est positif, un maximum sinon. Pour x² − 4x + 1, α = 2 et β = −3, soit (x − 2)² − 3.

Pourquoi
FR

On retrouve α par une autre voie : la dérivée 2ax + b s’annule exactement en x = −b/2a, là où la tangente est horizontale (voir dérivées et primitives).

5Le laboratoire

Français

Faites varier a, b et c : le discriminant, les racines et le sommet se recalculent, et la parabole se redessine.

Laboratoire · la parabole et son discriminant
Équation
Discriminant Δ
Racines
Sommet (α ; β)
Somme · produit
paraboleracinessommet

Vérité de contrôle Avec a = 1, b = −4, c = 1 : Δ = 12, racines 2 − √3 et 2 + √3 (environ 0,268 et 3,732), somme 4, produit 1, sommet (2 ; −3). La fenêtre va de −6 à 6.

6Les pièges

Piège 1
Oublier que a est non nul. Si a = 0, l’équation devient bx + c = 0 et la formule divise par zéro. Il faut aussi tout ramener sous la forme standard : 3x = 2 − x² s’écrit x² + 3x − 2 = 0, donc c = −2.
Piège 2
Se tromper de signe ou de fraction. Pour x² − 5x + 6, b vaut −5 et (−5)² vaut 25. La barre couvre −b et √Δ ensemble : x = (−b ± √Δ) / 2a.
Piège 3
Simplifier par x. Diviser x² = 3x par x fait perdre la racine 0 : on écrit x(x − 3) = 0, soit x = 0 ou x = 3.
Un usage hors de l’algèbre Combien de personnes ont échangé 45 poignées de main, chacune serrant la main de toutes les autres ? Le nombre de paires vaut n(n − 1)/2 = 45, donc n² − n − 90 = 0, avec Δ = 361 = 19² et n = 10 (l’autre racine, −9, n’a pas de sens). C’est le nombre de combinaisons de deux parmi n, vu dans l’analyse combinatoire. La somme 1 + 2 + … + n de suites, sommes et séries est aussi un polynôme du second degré en n, et la position d’un mobile en mouvement uniformément accéléré l’est en t.

7Se tester

Français

Cinq questions, une seule bonne réponse à chaque fois.

8Le lexique

TermeSens
discriminantle nombre Δ = b² − 4ac, dont le signe fixe le nombre de racines réelles
racineune valeur de x qui annule l’expression, ou solution de l’équation
racine doublel’unique racine quand Δ = 0, égale à −b/2a
forme canoniquel’écriture a(x − α)² + β, qui donne le sommet
relations de Viètex₁ + x₂ = −b/a et x₁ · x₂ = c/a
Mitternachtsformelnom allemand de la formule de résolution du second degré